Home > Pedro au Portugal

Pedro au Portugal

SVE: Pedro-23 ans

Le 1er octobre 2018 a marqué le début de mon volontariat. J’ai atterri à l’aéroport de Lisbonne avec l’objectif de débuter une nouvelle aventure dans cette courte vie. Je me rappelle d’être très excité à l’idée de vivre pendant une année dans une ville aussi belle. Après avoir pris les transports publics jusqu’à l’endroit où j’allais habiter, j’ai déposé mes valises, rencontré les chargés de l’organisation d’accueil, ProAtlântico et, le plus important, connu d’autres volontaires.

Mais avant de vous raconter mes douze mois au Portugal, j’aimerais parler des raisons qui m’ont poussé à faire ce service volontaire européen (SVE) et comment a été le processus d’avant-départ.
La première fois que j’ai entendu parler du SVE fut à une séance d’informations sur des stages et volontariats à mon université en Belgique. La fin de l’année académique s’approchait et nombreux de mes collègues s’étaient déjà candidatés à des Masters ou planifiaient de travailler. Je n’étais pas du tout dans cette perspective parce que je n’étais pas sûr quel Master choisir, ni même j’envisageais de travailler, qui me plairait pas. Par conséquent, je me suis renseigné sur les organisations qui s’occupaient du SVE au Luxembourg. Ainsi, je suis allé à l’Agence Nationale pour l’Information des Jeunes (ANIJ) situé à Bonnevoie. Là, j’ai eu toute l’information nécessaire pour prendre ma décision. Madame Lia Kechagia m’a aidé à trouver un projet qui me correspondait et en quelques semaines j’ai signé le contrat de mon volontariat.Mes parents étaient d’accord que je fasse cette expérience de volontariat qui, pour moi, était une priorité. De plus, ayant des parents portugais, ils étaient contents que je parte vivre à Lisbonne. Moi-même, je voulais mieux connaître le pays d’origine de ma famille. Je voulais vivre dans le pays où j’étais habitué à passer mes vacances d’été.

Mon projet était dans un centre social qui hébergeait un foyer de jour pour personnes âgées, un centre d’études pour enfants entre 8 et 14 ans et une banque alimentaire. Je travaillais 30 heures par semaines dans les trois activités. J’ai beaucoup apprécié mon temps là-bas. Le fait de d’être présent un peu partout dans le centre m’a permis de connaître toutes les personnes qui faisaient vivre ce centre. J’ai créé des liens forts avec les employées et volontaires du centre (majoritairement des femmes). Spécialement, je me suis fait une très bonne amie, Graça. Une madame d’une cinquantaine d’année qui était la femme de ménage du centre. Elle m’a beaucoup marquée, car elle est passionnée par l’histoire et me racontait des anecdotes sur la ville et le passé du Portugal. Elle a un savoir et une sagesse d’une personne de 80 ans, mais une énergie de vie d’une jeune adolescente.

Je suis, en quelque sorte, devenu le petit-fils de nombreux des personnes âgées. Beaucoup ont des fils, petits-fils ou neveux qui s’appellent également Pedro. Un prénom très commun au Portugal. Nous jouions au Bingo ou aux dominos après le déjeuner, mais je n’ai jamais réussi à gagner une partie… Je donnais aussi des cours de français à certains. Nous faisions des mots croisés, lisions des extraits de livres et de pièces de théâtre et bien d’autres.

Au centre d’études, j’aidais les enfants dans les devoirs et à réviser pour les interrogations. J’enseignais le français aux enfants qui avaient pris le Français comme deuxième langue. Je leur apprenais à bien prononcer les mots et à conjuguer correctement les verbes. Nous allions souvent à un centre de jeunesse où ils pouvaient s’amuser, courir, grimper, faire du skate, jouer au foot entre autres. Je jouais souvent avec eux. J’aimais beaucoup passer du temps avec les enfants, car ils étaient tous bienveillants et je passais des bons moments. Ça m’a beaucoup touché lorsque nous nous sommes dit au revoir.

Le troisième volet du centre est la banque alimentaire. Des bénévoles et moi allions chercher 3 fois par semaine les invendus des supermarchés pour les distribuer aux ménages inscrits dans le programme. Les volontaires de la banque, tous des retraités, m’ont très bien accueilli. J’ai eu la chance de discuter beaucoup avec eux et j’ai apprécié les moments là-bas. Toutefois, des trois endroits où je travaillais, la banque alimentaire a été la plus dure d’y travailler. Certains bénéficiaires du programme n’étaient parfois pas agréables lors de la collecte des aliments. Ceci n’était pas correct vis-à-vis des volontaires et de moi qui travaillions volontairement. Cependant, j’essayais souvent de comprendre leur situation, de dialoguer avec eux et de trouver une solution dans la mesure de mes compétences. Malheureusement, il n’était pas toujours possible de solutionner un problème, surtout en tant que volontaire. A ce stade, je recommandais à ces personnes de parler aux personnes responsables du programme, qui ainsi seraient conscients des réclamations des bénéficiaires. Bref, je ne dis pas que ce fut tout le temps ainsi et que toutes les familles se comportaient de cette manière. Là encore, je parlais souvent avec eux et quelques-uns m’ont raconté leur parcours de vie. C’est à ces moments que je réalisais à quel point j’ignore les injustices de notre société, les malheurs de certains et surtout la chance de pouvoir entendre ces histoires que je n’aurai probablement pas eu la chance d’écouter si je n’avais pas entrepris ce service volontaire. Les familles étaient des gens simples, par moment, très drôles et avec lesquels, une fois qu’elles s’étaient habituées à moi, étaient très sympathiques.

En dernier lieu, je veux souligner la chance que j’ai eu de pouvoir partager cette expérience avec d’autres volontaires. En effet, j’ai cohabité avec 20 autres jeunes de toute l’Europe. Nous avions tous des parcours de vie différents, mais à la fin du projet nous sentions que la maison était devenue la nôtre et que nous étions devenus une famille avec nos disputes et nos rigolades, nos voyages, nos soirées, nos amitiés et nos histoires. Bref, je peux facilement dire que ce sont ces personnes et ces moments vécus ensemble qui me manquent tant. Toutefois, le chagrin d’avoir quitté cette expérience s’est transformé, après un certain moment, en des souvenirs de bonheur et une profonde gratitude d’avoir pu connaître ces personnes uniques!

Tous ses beaux souvenirs resteront dans ma mémoire pour un très long moment. Toutefois, je ne veux pas dire qu’il n’ya pas eu de moments moins positifs et, par fois, durs. Ces jours moins heureux font nécessairement partie d’une vie. Effectivement, c’est grâce à ceux-là que j’ai davantage apprécié ce volontariat.